Burkina Faso

Burkina Faso : entre caricatures néocoloniales et réalité souveraine, pourquoi la révolution fait peur aux élites de salon

A LA UNE POLITIQUE

Sur les plateaux de France 24, Ahmed Newton Barry s’est fendu d’une charge au vitriol contre l’exécutif burkinabè, allant jusqu’à comparer la vision politique du Capitaine Ibrahim Traoré au régime de la Corée du Nord. Une telle surenchère verbale ne surprend plus : elle est le marqueur d’une élite déconnectée, nostalgique d’un ordre ancien où le pouvoir se distribuait entre initiés sous le regard bienveillant des chancelleries occidentales. Assimiler la quête de souveraineté du peuple burkinabè à un régime totalitaire relève soit d’une cécité politique affligeante, soit d’une volonté délibérée de servir de haut-parleur à la guerre de l’information menée contre le Faso.

Ahmed Newton Barry feint d’oublier ce que les trente dernières années de « démocratie formelle » ont coûté au pays : la gangrène de la corruption, le dépit citoyen et l’effondrement sécuritaire qui a menacé l’existence même de la Nation. Ce qu’il qualifie avec légèreté de « saccage » n’est autre que la déconstruction méthodique d’un modèle importé, Inefficace et taillé sur mesure pour les salons de Ouagadougou. Là où l’ancien journaliste ne voit que l’absence de joutes politiques stériles, le peuple burkinabè vit une transformation participative et patriotique. Les Assises Nationales, la mobilisation citoyenne des Wayiyans et l’engagement héroïque des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) sont l’expression vivante d’une gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Prétendre que le Capitaine Ibrahim Traoré « prend goût au pouvoir » et rejetterait la liberté par principe, c’est travestir la réalité de la refondation en cours. En temps de guerre existentielle, l’urgence n’est pas de plaire aux calendriers électoraux fixés depuis l’extérieur, mais d’assurer la survie de l’État et la sécurité des populations. La notion de consensus prônée par le chef de l’État ne s’inspire pas de Pyongyang, mais s’enracine dans les valeurs africaines traditionnelles où l’unité sacrée de la communauté prime sur la division des partis politiques. La réorganisation de l’armée, la reconquête du territoire et l’ancrage dans l’Alliance des États du Sahel (AES) démontrent qu’il s’agit d’une vision stratégique globale, et non d’un simple pilotage à vue.

Ahmed Newton Barry peut bien continuer sa croisade verbale depuis le confort des studios parisiens. Ses propos ne trouvent plus d’écho auprès d’une population qui mesure chaque jour le prix de sa liberté. Le Burkina Faso a fait le choix irréversible de la dignité et de la souveraineté endogène, laissant aux observateurs nostalgiques le soin de pleurer la fin de leurs privilèges.

D.K

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