Togo

Togo : Une nouvelle loi pour renforcer la lutte contre le faux monnayage

ACTUALITE POLITIQUE

La lutte contre le faux monnayage s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour les économies ouest-africaines. Au Togo, l’adoption en première lecture de la nouvelle loi destinée à renforcer la répression des atteintes aux signes monétaires marque une étape importante dans la sécurisation du système financier national et communautaire.

Réunis sous la présidence de Komi Selom Klassou, les députés de l’Assemblée nationale ont examiné un texte présenté par le ministre de l’Économie et des Finances Essowè Georges Barcola. L’objectif est clair. Adapter un cadre juridique à l’évolution des réseaux criminels qui exploitent les failles des systèmes monétaires pour diffuser de la fausse monnaie dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.

La réforme actualise la loi uniforme adoptée en 1982 par les États membres de l’Union monétaire. Depuis plus de quatre décennies, les circuits financiers, les techniques de contrefaçon et les modes de circulation monétaire ont profondément changé. Les réseaux criminels utilisent aujourd’hui des procédés plus élaborés et des circuits transfrontaliers qui exigent des réponses juridiques plus robustes.

Le texte introduit plusieurs innovations structurantes. Il élargit la définition des infractions liées à la falsification des billets et des pièces, reconnaît la responsabilité pénale des personnes morales et impose aux institutions financières ainsi qu’aux acteurs économiques l’obligation de signaler et de transmettre les signes monétaires suspects aux autorités compétentes.

Ces mesures renforcent également le rôle de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest dans la centralisation et l’analyse des billets et pièces saisis. L’objectif est de mieux identifier les circuits de diffusion et d’améliorer la coordination entre les États face aux réseaux organisés.

Au-delà de l’aspect juridique, la réforme touche directement à la stabilité économique. Dans une économie où les transactions en espèces restent dominantes, la circulation de faux billets fragilise les échanges quotidiens. Les premières victimes sont souvent les petits commerçants, les transporteurs ou les travailleurs indépendants qui n’ont pas toujours les moyens de vérifier l’authenticité des billets.

Pour Atcholi Aklesso, président du groupe parlementaire majoritaire, la monnaie constitue l’un des piliers de la confiance économique. La protéger revient à préserver la valeur du travail et l’épargne des citoyens.

La réforme s’inscrit aussi dans une logique d’intégration régionale. Face à des réseaux de contrefaçon qui opèrent au-delà des frontières nationales, la coopération entre les États de l’Union monétaire devient une nécessité stratégique.

En renforçant son dispositif législatif, le Togo consolide la crédibilité de sa place financière et sécurise les transactions économiques. Car dans toute économie en développement, la stabilité monétaire demeure la première garantie de la confiance, et la confiance reste la matière première de toute croissance durable.

Paterne N’gouassi

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