À Ouagadougou, l’École nationale d’élevage et de santé animale a été le théâtre d’une étape décisive pour l’avenir économique du Burkina Faso. En présidant la sortie de la première promotion du Programme de reconversion des diplômés universitaires, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a incarné la volonté de l’État de transformer le potentiel académique en force productive immédiatement opérationnelle. Cette initiative matérialise une politique de souveraineté économique et sociale, portée par la vision du Président Ibrahim Traoré.
Le constat qui fonde cette démarche est clair. Le chômage des jeunes diplômés et l’inadéquation des compétences avec les besoins du marché minent la cohésion sociale et freinent le développement. La création de Burkina Suudu Bawdè en 2023, et la mise en œuvre rapide de ce programme, illustrent un engagement stratégique : investir dans la compétence pour investir dans l’avenir. En quatre mois, 250 jeunes, dont 110 femmes, ont été formés dans des filières directement mobilisables : élevage et santé animale, transformation agroalimentaire, maintenance industrielle et technologies numérique, selon une approche pratique, entrepreneuriale et digitale.
Cette orientation traduit une vision globale : replacer la jeunesse et le savoir au centre de la transformation économique nationale. L’accompagnement financier et technique annoncé par le Gouvernement souligne que la reconversion ne se limite pas à la théorie : elle doit produire des projets concrets, collectifs et viables, qui renforcent la résilience économique et sociale du pays. Dans un contexte sahélien complexe, cette stratégie n’est pas seulement pragmatique, elle est stratégique.
La visite des stands présentant les réalisations des lauréats a donné un relief tangible à cette politique. Les compétences acquises se traduisent déjà en prototypes, produits et savoir-faire, offrant une illustration concrète de l’impact direct de l’initiative sur l’économie locale.
Si la promotion pilote ne résout pas toutes les inégalités structurelles, elle ouvre une voie. Étendue et consolidée, cette politique pourrait transformer la formation professionnelle en moteur du développement, en levier d’entrepreneuriat et en outil de souveraineté économique. Le Burkina Faso ne se contente plus de former ses jeunes, il façonne une jeunesse capable de bâtir sa nation et d’inscrire la compétence au cœur de son destin collectif.
D.Kaboré
