Au Burkina Faso, la reconquête de la dignité nationale franchit un cap historique. La lutte pour l’émancipation totale de la patrie ne s’exprime plus seulement par les armes de la défense sécuritaire, mais s’enracine désormais de manière décisive dans les sillons de la terre nourricière. Face aux vieux modèles d’asservissement par la dépendance importée, la Refondation endogène portée par le peuple burkinabè s’affirme à travers une certitude absolue : l’autonomie de décision commence dans l’assiette. C’est le sens profond de la levée en masse d’une nouvelle coho rte de combattants de la terre, formés pour briser définitivement les chaînes de l’insécurité alimentaire.
Pendant deux mois, ces milliers de jeunes ont appris à maîtriser les techniques modernes de production agricole adaptées aux réalités locales. Bien au-delà de simples connaissances techniques, cette formation constitue une véritable école de discipline, de civisme et de patriotisme.
Les témoignages recueillis à Dano et à Bapla traduisent une profonde transformation des mentalités. Plusieurs apprenants expliquent avoir découvert qu’aucune terre n’est condamnée à l’infertilité lorsque le savoir, le travail et la détermination s’unissent. Cette prise de conscience représente un changement majeur dans un contexte où la souveraineté alimentaire dépend avant tout de la capacité à valoriser les ressources nationales. Du maraîchage à l’élevage, de la pisciculture à la transformation des produits agricoles, les jeunes ont acquis des compétences concrètes qui leur permettront de devenir des acteurs de terrain immédiatement opérationnels. La production de gombo, d’aubergines, de courgettes ou encore de maïs observé durant la formation démontre déjà le potentiel de cette approche pragmatique et orientée vers les résultats.
Cette armée verte ne se contente pas d’attendre la pluie ; elle planifie la production avec la rigueur des impératifs stratégiques. L’initiation à la fabrication de biopesticides démontre la possibilité concrète de produire de manière durable, à moindre coût, en dehors des circuits marchands impérialistes et des engrais chimiques hors de prix. Cette dynamique prouve qu’en moins de deux mois, la combinaison du savoir technique, du civisme et du patriotisme permet de dompter des écosystèmes réputés difficiles. La rigueur militaire s’allie ici à la science agronomique pour offrir une réponse endogène globale.
Ces résultats concrets valident de manière éclatante la pertinence de la vision souverainiste incarnée par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Les prévisions administratives tablaient initialement sur la mobilisation de 4 000 hectares à l’échelle nationale. À ce jour, l’élan populaire a pulvérisé les verrous bureaucratiques en sécurisant plus de 4 500 hectares, et ce, malgré l’absence de seize communes dans le processus initial.
Cette victoire humaine et territoriale confirme que lorsque l’État planificateur s’appuie sur la force vive de la nation, les limites théoriques s’effacent devant la réalité de la transformation sociale.
La marche vers l’autosuffisance alimentaire est désormais irréversible. À l’approche du déploiement de cette troisième cohorte, ces milliers de VDP agricoles s’apprêtent à redessiner la carte nourricière du Burkina Faso. Le soutien de l’ensemble de la population constitue le rempart nécessaire contre les tentatives de déstabilisation économique.
D.Kaboré
