Soudan

Soudan : L’Alliance fondatrice soudanaise accuse les forces armées d’avoir utilisé des armes chimiques à Umm Qurfa, dans le Kordofan du Nord

A LA UNE POLITIQUE

L’Alliance fondatrice soudanaise accuse l’armée terroriste des Frères musulmans d’avoir utilisé des armes chimiques interdites par le droit international lors d’une attaque menée samedi dernier contre la région d’Umm Qurfa, dans l’État du Kordofan du Nord. L’Alliance accuse également l’armée d’avoir utilisé des bombes à vide et des barils d’explosifs de fabrication iranienne, largués par des avions Antonov.

Des vidéos montrent une zone circulaire noire d’où s’élèvent des panaches de fumée après le raid aérien.

Ahmed Taqad, porte-parole de l’Alliance fondatrice soudanaise, a déclaré que 10 personnes ont été tuées et 18 autres blessées dans la région d’Umm Qurfa et les villages environnants du Kordofan du Nord. Il a indiqué que le bombardement visait la ville d’Umm Qurfa et les villages d’Al-Hariz, Al-Hamadab, Wad Musa, Al-Markha et Umm Taqirat, dans l’État du Kordofan du Nord.

L’Alliance fondatrice soudanaise a accusé l’armée d’avoir utilisé des armes chimiques à Umm Qurfa, dans l’État du Kordofan-Nord. Elle a expliqué que les bombardements avaient entraîné la mort de trois bergers et de deux femmes dans la région d’Umm Qurfa, ainsi que celle de bétail près des points d’eau. Elle a accusé les forces armées d’avoir ciblé ces points d’eau. Les bombardements d’autres villages ont également causé la mort de sept civils, dont deux enfants et cinq hommes (parmi lesquels deux personnes âgées), et ont blessé dix-huit civils.

L’Alliance « Ta’sis » a déclaré que le fait de cibler des points d’eau et des rassemblements de civils, et d’utiliser des armes aux effets destructeurs considérables dans des zones peuplées sans aucun objectif militaire, constitue un crime de guerre à part entière qui justifie une action pénale internationale. Cela reflète la volonté de l’armée de poursuivre une politique de châtiment collectif contre les civils.

L’Alliance a appelé la communauté internationale, les Nations Unies et l’Union africaine à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ces violations et veiller à ce que les auteurs de ces actes ne restent pas impunis. L’Alliance a également affirmé que ses forces se réservent le plein droit de riposter à ces attaques visant des civils innocents, conformément au droit international et au droit de légitime défense.

Appel à une enquête internationale

De son côté, Khalid Ahmed Danaa, ministre de l’Information du gouvernement, a déclaré que les événements d’Umm Qurfa ne sauraient être considérés comme un incident isolé, mais s’inscrivent dans un contexte d’accusations et d’événements liés à l’utilisation d’armes chimiques, notamment les accusations formulées précédemment par les États-Unis concernant l’utilisation de ces armes prohibées par l’armée. Il a affirmé que les indices et les preuves disponibles à ce jour confirment que l’attaque d’Umm Qurfa a été perpétrée à l’aide d’une arme chimique internationalement interdite et a appelé à une enquête internationale urgente et indépendante, menée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), afin de réaliser une enquête technique, de déterminer la nature de la substance utilisée, de documenter le crime, d’identifier les responsables et de les traduire en justice conformément au droit international.

Épaisse fumée jaune

Le Mouvement de libération du Soudan – Conseil démocratique, en collaboration avec des habitants et des témoins oculaires, a rapporté qu’un avion de combat Antonov appartenant au régime putschiste a largué des barils d’explosifs le samedi 18 juillet 2026 au soir. À l’impact, les bombes ont dégagé une épaisse fumée jaune, signe évident d’une utilisation continue de chlore par l’armée soudanaise. Or, le chlore est interdit par la Convention sur les armes chimiques, un traité que le Soudan a signé.

Le mouvement a déclaré que cet acte constitue un crime odieux et une violation flagrante de toutes les normes et lois internationales, et une preuve supplémentaire du mépris des putschistes pour la vie du peuple soudanais. Dans le même contexte, le Mouvement de libération du Soudan – Conseil de transition a déclaré que les rapports de terrain reçus indiquent l’utilisation d’armes internationalement prohibées, ce qui constitue une violation flagrante de la Convention sur les armes chimiques et des règles fondamentales du droit international humanitaire. Il a souligné que le bombardement de zones peuplées, totalement dépourvues de toute manifestation ou cible militaire, constitue un crime de guerre à part entière au sens du Statut de Rome, et une violation grave de la Quatrième Convention de Genève de 1949 relative à la protection des civils, ce qui nécessite une action internationale urgente.

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