Face à la persistance du chômage des jeunes particulièrement élevé, le Ghana engage une réforme ambitieuse dans le secteur de l’enseignement technique supérieur. L’objectif est de repositionner les universités techniques comme des acteurs centraux de la transformation économique du pays, en rapprochant durablement la formation des besoins réels du tissu productif national.
Depuis la conversion des anciens polytechniques en universités techniques il y a une décennie, les résultats attendus en matière d’employabilité n’ont pas été pleinement atteints. Le constat est désormais assumé au plus haut niveau de l’État. Malgré l’élévation du niveau académique, une partie importante des diplômés continue de rencontrer des difficultés d’insertion professionnelle, révélant un décalage persistant entre les compétences enseignées et les attentes des entreprises.
La nouvelle orientation gouvernementale marque ainsi un changement de paradigme. En adoptant un modèle inspiré du système dual allemand, le Ghana fait le choix d’une formation davantage centrée sur les compétences pratiques, l’apprentissage en entreprise et l’acquisition d’une expérience professionnelle concrète. Cette approche répond directement aux besoins des secteurs stratégiques tels que l’ingénierie, les énergies renouvelables, la fabrication industrielle et les technologies appliquées.
L’impact potentiel de cette réforme sur le développement national est considérable. À court terme, elle pourrait améliorer l’employabilité des jeunes diplômés et réduire les tensions sur le marché du travail. À moyen terme, elle devrait contribuer à renforcer la compétitivité des entreprises locales en leur fournissant une main-d’œuvre mieux qualifiée et immédiatement opérationnelle. Cette évolution est particulièrement importante dans un contexte où le Ghana cherche à accélérer son industrialisation et à diversifier son économie.
La création de nouveaux établissements dans les régions moins développées du nord du pays constitue également un levier majeur de réduction des inégalités territoriales. En renforçant l’accès à une formation technique de qualité en dehors des grands centres urbains, le gouvernement favorise l’émergence de nouveaux pôles de croissance régionaux capables d’attirer investissements et activités industrielles.
Au-delà de l’éducation, cette réforme traduit une vision économique claire de faire de la connaissance, de l’innovation et des compétences techniques les moteurs de la croissance future. Le succès de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité des institutions à construire des partenariats solides avec le secteur privé et à maintenir une adaptation permanente des programmes aux évolutions du marché. Si cette ambition est concrétisée, le Ghana pourrait s’imposer comme l’un des modèles africains les plus avancés en matière de formation technique et de développement industriel inclusif.
Paterne N’gouassi
