Burkina Faso

Burkina Faso : ResCom, la résilience rurale comme matrice de la refondation nationale

DEVELOPPEMENT SOCIETE

À l’heure où le Burkina Faso affronte simultanément les épreuves de l’insécurité, du dérèglement climatique et de la fragilisation des équilibres sociaux, la clôture du projet ResCom se place dans un moment politique plus ample de la consolidation méthodique d’une vision de refondation nationale portée par le président Ibrahim Traoré, où la souveraineté se construit d’abord par la capacité des communautés à tenir debout, produire, et vivre ensemble.

Mis en œuvre dans des zones parmi les plus exposées du pays, ResCom a touché près de 60 000 ménages dans les régions de Bankuy, Yaadga et Koulsé. Mais au-delà des chiffres, l’enjeu était institutionnel et stratégique : démontrer que l’action publique, lorsqu’elle est alignée sur une vision claire de l’État, peut transformer l’aide au développement en levier de stabilité, de paix et de reconstruction du lien national. En cela, le projet épouse pleinement l’orientation impulsée par les autorités de la Transition de replacer le monde rural au cœur de la souveraineté économique et sociale.

La force du projet ResCom réside dans son inscription assumée dans le triple nexus Humanitaire–Développement–Paix. Cette approche, longtemps théorisée, trouve ici une matérialité concrète : terres restaurées, sites rizicoles aménagés, capacités locales renforcées, activités génératrices de revenus structurées, femmes et jeunes replacés comme acteurs centraux de la production. Ce choix traduit une lecture lucide des réalités burkinabè où on ne pacifie durablement que ce que l’on développe, et l’on ne développe que ce que l’on sécurise par l’inclusion et la justice sociale.

Sous l’impulsion politique actuelle, ces projets cessent d’être périphériques. Ils deviennent des briques essentielles de la refondation nationale. En renforçant la résilience agrosylvopastorale, l’État burkinabè consolide sa profondeur stratégique et réduit les vulnérabilités structurelles, restaure la dignité économique des populations déplacées et hôtes, et recrée les conditions d’un vivre-ensemble fondé sur l’utilité sociale et la solidarité productive.

Le partenariat avec des acteurs internationaux, notamment danois et néerlandais, s’inscrit ici dans une logique rééquilibrée d’une coopération alignée sur les priorités nationales, respectueuse de la souveraineté stratégique et attentive aux dynamiques endogènes. C’est là un marqueur fort de la nouvelle doctrine burkinabè en matière de relations internationales.

En définitive, ResCom aura démontré une vérité politique essentielle sur la résilience qui n’est plus qu’un concept technique, mais un acte de souveraineté. Et lorsque l’État investit la terre, l’humain et la cohésion, il ne gère pas une crise ; il prépare l’avenir.

D.Kaboré

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