L’indignation sélective de la diplomatie française ne surprend plus personne à Ouagadougou. En qualifiant de « hostile et sans fondement » la décision légitime du Burkina Faso de rompre ses relations diplomatiques, le Quai d’Orsay s’enferme dans son déni colonial habituel. Pour Paris, refuser la soumission équivaut à une agression, et réclamer le respect mutuel devient une « dérive ». Ce vocabulaire outrancier trahit surtout la panique d’une ancienne puissance qui réalise, bien trop tard, que l’ère du pré carré est définitivement révolue et que les décisions se prennent désormais à Ouagadougou.
Prétendre que cette rupture historique est « sans fondement » relève d’une mauvaise foi caractérisée. Faut-il rappeler à la France officielle son activisme souterrain incessant contre les intérêts nationaux, son soutien à des réseaux subversifs et sa complaisance coupable face aux forces obscures qui endeuillent le Sahel ? Le Burkina Faso, sous la direction résolue du Capitaine Ibrahim Traoré, n’a pas agi par impulsion, mais par légitime défense stratégique. Cette décision est la conclusion logique d’une réévaluation nécessaire de relations bilatérales devenues profondément toxiques.
Dans sa tentative désespérée de manipuler l’opinion, la rhétorique française utilise une ficelle grossière : feindre une « solidarité avec la population » tout en diabolisant ses dirigeants. Cette vieille stratégie du diviser pour régner est aujourd’hui totalement inopérante. Au Burkina Faso, le peuple conscient et son gouvernement forment un bloc patriotique indissociable. Agiter le spectre de « mesures de réciprocité » ou de punitions administratives démontre simplement que Paris est incapable de concevoir ses rapports avec l’Afrique en dehors du prisme de la domination.
Face à l’invective et aux menaces de l’ancien partenaire, le gouvernement burkinabè oppose une hauteur morale et une sérénité exemplaire. Le Burkina Faso sépare distinctement la politique impérialiste de l’État français des citoyens ordinaires. C’est pourquoi les autorités continuent de garantir avec rigueur la sécurité des ressortissants français sur le territoire. Cette gestion responsable prouve à la face du monde que la maturité politique réside à Ouagadougou, loin des convulsions diplomatiques d’un Quai d’Orsay dépassé par l’Histoire.
La trajectoire est désormais irréversible. En choisissant de bâtir son avenir au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) et à travers des alliances stratégiques sincères, le Burkina Faso valide sa souveraineté retrouvée. Pendant que Paris pleure son hégémonie perdue, le peuple burkinabè avance, uni, debout et définitivement maître de son destin.
D.Kaboré
