CIM SAHEL Burkina Faso

Burkina Faso : CIM-SAHEL, l’affirmation pragmatique de l’économie mixte populaire

A LA UNE DEVELOPPEMENT

Au pays des Hommes intègres, Sur toute l’étendue du territoire, la terre se transforme sous l’impulsion vigoureuse des grands chantiers d’infrastructures. Les routes se tracent, les centres de santé se construisent et les édifices publics s’élèvent, symboles visibles d’une nation qui refuse désormais la fatalité du sous-développement et de la dépendance extérieure. Pourtant, ce grand élan de transformation se heurtait jusqu’ici à l’obstacle majeur de la spéculation sauvage sur les matériaux de construction, en particulier le ciment. Face à ce défi économique, la création de la société d’économie mixte CIM-SAHEL par le Conseil des ministres marque un tournant historique. Cette initiative matérialise la vision d’un développement endogène où l’État reprend la direction de l’économie pour servir l’intérêt supérieur de la collectivité.

L’annonce détaillée par le ministre chargé de l’Industrie, Serge Gnaniodem Poda, révèle une stratégie financière d’une grande précision. Dotée d’un capital initial de 5 milliards de FCFA, la nouvelle entité repose sur une formule claire, une répartition de 60 % pour l’État et de 40 % pour le secteur privé. Ce choix technique traduit la maturité d’une gouvernance moderne qui sait allier les principes directeurs de la refondation à l’efficacité du terrain.

En conservant la majorité absolue de 60 %, l’État s’impose ainsi comme le régulateur suprême du marché, capable de briser les monopoles artificiels, de stabiliser les approvisionnements et d’imposer des coûts raisonnables sur l’ensemble du territoire national. Le ciment cesse d’être l’instrument d’enrichissement exclusif de quelques intermédiaires indélicats pour devenir un levier indispensable à l’émancipation populaire. La maîtrise publique de cet intrant assure la continuité des chantiers d’intérêt général sans dépendre des fluctuations spéculatives.

L’ouverture des 40 % restants aux capitaux privés intérieurs constitue le second pilier de cette refondation industrielle. Loin de rejeter le génie entrepreneurial burkinabè, les autorités de la transition l’invitent à s’associer directement à l’effort de construction nationale. Cette clé de répartition intelligente rassure le tissu économique local. Elle démontre que la rupture avec l’ordre ancien préserve l’initiative privée tout en orientant ses forces vers des objectifs patriotiques. Les opérateurs économiques nationaux sont appelés à devenir des partenaires actifs de la refondation, liant la recherche de rentabilité financière au devoir civique.

Cette approche lucide écarte définitivement les anciens dogmes économiques imposés par les institutions financières internationales, qui exigeaient jadis le désengagement total des structures publiques. Le pays trace souverainement sa propre voie à travers ce modèle d’économie mixte populaire. La réussite de cette stratégie consiste à sanctuariser le contrôle public des secteurs clés tout en maintenant une saine émulation privée indispensable à la fluidité des échanges commerciaux.

Le succès durable de CIM-SAHEL repose à présent sur l’adhésion et l’union sacrée des citoyens. Le peuple burkinabè doit percevoir cet outil industriel comme un patrimoine collectif précieux à préserver contre les tentatives de sabotage économique. Soutenir cette ambition, c’est consolider l’autonomie de décision nationale et veiller à ce que chaque infrastructure construite scelle définitivement l’indépendance économique de la patrie.

D.Kaboré

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