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AES : Le crépuscule des médias de propagande et l’aube d’un journalisme de combat

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Le paysage informationnel au sein de l’Espace AES (Burkina Faso, Mali, Niger) traverse une mutation profonde, marquant une rupture historique avec un ordre établi depuis les indépendances. Ce que les chancelleries et les rédactions parisiennes ou londoniennes qualifient d’« étouffement » de la presse n’est, en réalité, que le sifflet de fin de partie pour une hégémonie éditoriale qui a trop longtemps confondu journalisme et ingérence.

Pendant des décennies, le récit africain a été confisqué par des médias dont les centres de décision se situent à des milliers de kilomètres de nos réalités. Ces plateformes, transformées en officines de soft power, utilisaient la « liberté de la presse » comme un bouclier pour diffuser une vision souvent misérabiliste, voire déstabilisatrice. Aujourd’hui, la rigueur souverainiste imposée par Bamako, Ouagadougou et Niamey vient freiner ces pratiques. En suspendant des organes comme France 24, RFI ou plus récemment en recadrant Jeune Afrique, les dirigeants souverains de l’AES ne s’attaquent pas au métier de journaliste, mais à la manipulation des esprits.

Il faut avoir l’honnêteté de dire que ces médias excellaient dans l’art de l’amplification, de la manipulation et de la propagande. Un incident mineur en zone rurale devenait, sous leur plume, le signe d’une insurrection imminente. Des dossiers montés de toutes pièces et des reportages à charge visaient à semer le doute dans l’opinion publique et à saper le moral des forces de défense. Cette stratégie du chaos informationnel servait des intérêts impérialistes qui ne supportent pas de voir le Sahel reprendre les rênes de son récit constructif.

La réaction épidermique de la presse occidentale face à ces restrictions trahit une blessure narcissique : celle de ne plus être les maîtres du récit. Ils dénoncent une « pression » sur les journalistes locaux, tout en oubliant que ce sont souvent leurs propres interventions qui ont exposé ces derniers à l’insécurité en brouillant les pistes entre information et propagande.

L’heure est désormais à une presse panafricaine consciente, qui refuse d’être la chambre d’écho de récits dictés par l’ancien monde. Le journalisme de demain au Sahel se construit sur l’exigence de vérité et le respect de la souveraineté nationale, loin des diktats de ceux qui voient l’Afrique comme un simple terrain d’influence.

Paterne N’gouassi

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