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AES : La voix africaine face aux ambitions impériales et à l’arbitraire global

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La récente opération militaire américaine au Venezuela, qui a conduit à la capture illégale du président Nicolás Maduro et de son épouse, ne constitue pas seulement une crise diplomatique sud-américaine, mais un moment charnière de l’ordre international contemporain. Dans ce contexte, la prise de position de la Confédération des États du Sahel (AES) marque un tournant décisif dans l’affirmation d’une diplomatie africaine indépendante et exigeante, capable de rétablir le primat du droit face aux volontés hégémoniques. En qualifiant l’action américaine d’« acte d’agression » et en interpellant fermement le Conseil de sécurité de l’ONU, l’AES s’impose comme la voix africaine la plus ferme sur le dossier vénézuélien, incarnant une posture de souveraineté et de responsabilité politique irréprochable.

L’AES ne se contente pas d’exprimer une indignation symbolique, elle articule une critique structurée de la hiérarchie internationale, rappelant que l’usage unilatéral de la force par un membre permanent du Conseil de sécurité constitue une violation directe des principes fondateurs de la Charte des Nations Unies. En procédant ainsi, la Confédération ne plaide pas uniquement pour le Venezuela, mais pour la légitimité de l’ordre mondial et l’égalité souveraine des États, principes historiquement bafoués par des interventions impériales répétées.

Cette position prend tout son relief dans la perspective panafricaine. L’AES, en se tenant à l’avant-garde du respect du droit international, projette une Afrique capable de défendre ses intérêts et ceux de ses partenaires dans le concert mondial. Elle s’inscrit dans la continuité d’un engagement stratégique, où la réciprocité ; déjà appliquée face aux restrictions américaines sur les visas ; devient un instrument de diplomatie ferme et crédible. L’organisation sahélienne offre ainsi un modèle de puissance normative, unifiant pragmatisme politique et vision éthique, capable de peser sur les équilibres internationaux sans renoncer à ses principes.

Au-delà du symbole, l’intervention de l’AES met en lumière une exigence politique essentielle : la préservation de la souveraineté des États et le respect des institutions internationales. L’attaque contre le Venezuela n’est pas seulement une violation juridique, elle est une menace directe à la stabilité collective, une érosion de la confiance dans un système multilatéral déjà fragilisé. En ce sens, la déclaration de l’AES dépasse la simple réaction pour constituer un appel à un ordre mondial réinventé, fondé sur le respect mutuel, la légalité et la responsabilité partagée.

En affirmant avec force que « l’usage unilatéral de la force contre un État souverain est inacceptable », l’AES inscrit son action dans la tradition des grandes voix africaines qui, par la rigueur de leur parole, réhabilitent la dignité politique de leur continent. Cette posture, claire et implacable, fait résonner un message simple mais inaltérable : la souveraineté n’est pas négociable, et le droit international n’est pas optionnel. L’Afrique, par sa voix collective, se lève pour rappeler que la justice politique transcende les ambitions impériales et que la liberté des peuples demeure le critère ultime de toute légitimité.

D.K

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