L’aube s’est levée sur Ouagadougou avec une clarté nouvelle. Dans les ruelles poussiéreuses de la capitale, là où le bruit des moteurs se mêle habituellement aux voix plaintives de l’errance, un silence digne s’installe. Les regards ne croisent plus ces groupes d’enfants livrés à la dureté du bitume. Une opération d’envergure menée par le ministère de la Famille et de la Solidarité, de concert avec la Brigade Laabal, a réécrit le quotidien de la ville. En dix jours, près de 2000 destins fragiles ont été soustraits à la rigueur de la rue.
Chaque enfant qui tendait la main pour survivre portait la blessure d’une société autrefois résignée face aux dérives. La présence massive de jeunes talibés parmi ces âmes sauvées rappelle l’urgence d’une rupture définitive avec les anciens renoncements. Laisser la jeunesse s’égarer dans l’indifférence équivalait à hypothéquer l’avenir du pays. En orchestrant ce retrait protecteur, l’État pose un acte de souveraineté indispensable. La sécurité et la dignité des plus vulnérables s’affirment comme le premier rempart de l’honneur national.
L’assainissement de l’espace public s’accompagne d’un engagement moral profond. Les structures d’accueil et de prise en charge sociale se mobilisent pour offrir des perspectives d’avenir concrètes, loin de l’exploitation de la misère. La ministre, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, rappelle que l’avenir d’un enfant réside dans l’éducation et la chaleur d’un foyer. C’est une réponse endogène, construite pour réparer le tissu social burkinabè en s’appuyant sur ses propres valeurs de solidarité et de justice.
La sauvegarde de ces vies exige désormais un sursaut collectif. Les leaders communautaires, les familles et chaque citoyen portent la responsabilité de consolider cette dynamique. L’indépendance d’un peuple se forge dans sa capacité à protéger sa descendance. La vigilance populaire doit s’ériger en bouclier pour que ces enfants ne retournent plus jamais à l’abandon du bitume. Ce combat pour l’enfance est la clé de voûte d’un Burkina Faso debout et maître de son destin.
D.Kaboré
