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AES : Les chiffres du GTI confirment l’efficacité de la force unifiée du sahel

A LA UNE SECURITE

Le Sahel, longtemps captif d’une géographie de la peur, esquisse enfin les contours d’une résilience souveraine. Si le Global Terrorism Index (GTI) 2026 confirme que la région demeure le foyer de tensions le plus incandescent du globe, les chiffres de 2025 dévoilent une réalité plus nuancée. Le Burkina Faso et le Mali affichent des baisses de mortalité spectaculaires, dépassant les 40 %. Ce reflux n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une mutation profonde du paradigme sécuritaire.

L’émergence de la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (AES) marque une rupture historique avec les protectorats de circonstance. En mutualisant leurs services de renseignement et leurs fers de lance militaires, Bamako, Ouagadougou et Niamey reprennent l’initiative sur un terrain où l’ubiquité des groupes terroristes, comme le JNIM, dictait autrefois sa loi. Cette réforme ne se limite pas à la seule grammaire des armes. Elle porte en elle une promesse de développement dont l’absence constituait, jusqu’ici, le terreau de tous les extrémismes.

L’impact sur le développement se mesure d’abord par la réoccupation des territoires délaissés. Sécuriser une zone, c’est permettre au marché de renaître, à l’école de rouvrir ses portes et aux paysans de retourner aux champs sans craindre la faux du fanatisme. Le GTI souligne avec acuité que le sentiment d’injustice et le manque d’horizon économique sont les premiers pourvoyeurs de recrues pour les insurgés. En stabilisant les frontières du Liptako-Gourma, l’AES ne protège pas seulement des lignes sur une carte, elle recrée les conditions d’une économie de subsistance et, à terme, d’une prospérité régionale.

Pourtant, la vigilance reste de mise car la plaie demeure ouverte au Niger et la fragilité des institutions peut encore faire vaciller cet équilibre. Cette solidarité africaine, consciente de ses propres failles, est le premier pas vers une émancipation réelle. Elle refuse la fatalité des statistiques pour imposer une volonté politique. La marche est longue, les défis sont immenses, mais le silence des armes dans certaines vallées autrefois meurtries laisse entrevoir un avenir où l’Afrique n’est plus le théâtre des tragédies d’autrui, mais l’architecte de sa propre paix. Le courage de se défendre soi-même est le premier acte d’une liberté qui ne demande plus la permission d’exister.

D.Kaboré

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