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RDC : à Kavimvira, la reprise des échanges relance l’espoir économique

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La réouverture de la frontière terrestre entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Burundi intervient dans un contexte de tension sécuritaire persistante dans l’est congolais. Fermé depuis plus de deux mois en raison de l’offensive du M23 sur Uvira, le poste stratégique de Kavimvira, à la lisière du lac Tanganyika, a rouvert. Au-delà du symbole, l’enjeu touche à la souveraineté territoriale, à la stabilité régionale et à la survie économique de milliers de familles.

À Uvira comme à Bujumbura, la frontière structure la vie quotidienne. Elle fait circuler les denrées, les capitaux modestes des petits commerçants, les espoirs de retour pour des familles déplacées. Sa fermeture avait figé les échanges, déplacé les flux vers le lac, renchéri les coûts, fragilisé les revenus. Sa réouverture redonne de l’oxygène à une économie frontalière qui vit au rythme des traversées.

Cette décision s’inscrit dans une séquence politique précise. Depuis la résurgence du M23 en 2021, Kinshasa a choisi la fermeté diplomatique et la coopération militaire régionale. Le président Félix Tshisekedi a consolidé l’axe avec Bujumbura, obtenu un engagement militaire burundais aux côtés des FARDC, et maintenu la pression sur la scène internationale concernant les soutiens extérieurs dont bénéficierait la rébellion. La reprise d’Uvira par l’armée congolaise, après le retrait annoncé du M23, a ouvert l’espace politique nécessaire à la réactivation du corridor terrestre.

Sur le plan économique, l’impact est immédiat. Le poste de Kavimvira concentre une part significative du commerce transfrontalier informel et formel. Produits agricoles, matériaux de construction, carburant, biens de première nécessité circulent de part et d’autre. La fluidité retrouvée réduit les coûts logistiques, stabilise les prix locaux et sécurise des milliers d’emplois indirects. Dans une province où l’économie dépend largement des échanges régionaux, cette respiration est décisive.

Mais l’enjeu dépasse la conjoncture. Il s’agit de restaurer la confiance. Confiance des opérateurs économiques, confiance des déplacés qui envisagent le retour, confiance des partenaires régionaux dans la capacité de l’État congolais à tenir ses frontières. La politique du président Félix Tshisekedi, souvent critiquée pour sa ligne intransigeante, trouve ici une traduction concrète. Stabiliser, rouvrir, reconnecter.

La fragilité demeure. D’autres postes restent fermés et le M23 conserve des positions dans la plaine de la Ruzizi. Pourtant, ce geste crée une dynamique. Il rappelle qu’en Afrique centrale, la paix se construit aussi par la circulation des biens et des hommes. À Kavimvira, ce lundi matin, ce ne sont pas seulement des camions qui ont franchi la barrière. C’est l’idée même d’une région qui refuse l’enfermement et choisit la continuité.

Martha.B

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