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ONU : Macky Sall officialise sa candidature au secrétariat général

ACTUALITE DIPLOMATIE

L’ancien président sénégalais Macky Sall a officiellement déposé sa candidature au poste de secrétaire général d’Organisation des Nations unies, en vue de succéder à António Guterres dont le mandat s’achève fin 2026.  Le dossier a été transmis à la présidence de l’Assemblée générale par le représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU. La démarche a été portée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, son pays assurant actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine.

La possibilité d’une candidature africaine avait été évoquée en février lors du 39e sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, sans annonce formelle à l’issue des travaux. La formalisation du soutien burundais marque donc une étape politique claire. Elle inscrit la candidature dans une logique continentale, même si aucun mécanisme automatique ne garantit l’alignement de l’ensemble des États africains.

La procédure de désignation reste encadrée par le Conseil de sécurité, qui doit recommander un candidat à la majorité d’au moins neuf voix sur quinze, sans veto d’un membre permanent. L’Assemblée générale entérine ensuite cette recommandation. Dans ce contexte, plusieurs autres profils circulent, notamment l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et l’Argentin Rafael Mariano Grossi, actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Pour le Sénégal, cette candidature s’inscrit dans la continuité d’une diplomatie active menée durant les douze années de présidence de Macky Sall, marquées par une présence soutenue dans les forums internationaux et par une participation accrue aux initiatives sur le climat, la dette et la sécurité. Sur le plan interne, elle n’entraîne pas de modification institutionnelle directe, l’ancien chef de l’État ayant quitté le pouvoir en 2024 après l’élection de son successeur.

L’enjeu est essentiellement symbolique et stratégique. Une candidature à la tête de l’ONU positionne le Sénégal dans le cercle des États capables de proposer un profil pour la plus haute fonction multilatérale. Elle peut renforcer la visibilité diplomatique du pays et consolider son image de stabilité institutionnelle en Afrique de l’Ouest. Toutefois, les chances d’un candidat africain restent tributaires des équilibres géopolitiques au sein du Conseil de sécurité, où les logiques de puissance priment souvent sur les principes de rotation régionale.

Cette initiative ouvre donc une séquence diplomatique importante. Son issue dépendra moins de l’affichage continental que de la capacité à bâtir des soutiens transversaux au sein des grandes puissances et des blocs régionaux.

Emy Muamba

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