Dans le sillage des grandes mutations géopolitiques contemporaines, le Mali dessine une trajectoire singulière où l’audace politique se conjugue à la rigueur de l’action. Le récent discours de vœux du Général d’Armée Assimi Goïta ne s’est pas contenté de dresser un inventaire des accomplissements ; il a posé les jalons d’une doctrine de l’État où la souveraineté n’est plus un horizon lointain, mais une réalité palpable, inscrite dans la pierre des infrastructures et le métal des réformes.
La résilience économique : un bouclier contre l’adversité
Face aux vents contraires des sanctions et aux défis sécuritaires, l’économie malienne a révélé une plasticité exemplaire. Loin des prophéties de déclin, la croissance est demeurée soutenue, portée par une discipline budgétaire qui force le respect. Le retrait du Mali de la « liste grise » du GAFI en juin 2025 constitue, à cet égard, un sacre institutionnel. Ce succès technique est avant tout une victoire politique : il atteste de la crédibilité retrouvée d’une signature nationale qui ne fléchit pas, garantissant ainsi au pays les moyens de son ambition.
La refondation par la structure et la transparence
La vision du Chef de l’État s’incarne dans une modernisation sans précédent de l’appareil administratif. La digitalisation des recettes publiques n’est pas une simple mutation technologique, mais un acte de salubrité publique qui renforce l’efficacité de l’État au profit direct du citoyen. Cette refondation s’étend jusqu’aux entrailles de la terre malienne. En reprenant le contrôle du secteur minier par des renégociations fermes et une application stricte de la loi, le Général Goïta transforme la rente minière en un moteur de développement structurel, irriguant les programmes d’emploi et de protection sociale.
Une architecture sociale au cœur de la stratégie
Au-delà des agrégats macroéconomiques, c’est l’humain qui demeure la boussole de cette transition. En sanctuarisant le pouvoir d’achat par des subventions ciblées sur l’énergie et les denrées de première nécessité, l’État malien prouve que la rigueur budgétaire n’exclut pas la solidarité nationale. Cette politique, empreinte d’une conscience panafricaine profonde, démontre qu’un développement authentique ne peut s’opérer que par la mobilisation des ressources propres et le génie endogène.
Le Mali d’aujourd’hui n’est plus une nation en quête de repères, mais une puissance sahélienne qui érige sa propre modernité sur le socle de ses valeurs. La transformation engagée, exigeante et méthodique, dessine les contours d’un avenir où la prospérité sera le fruit naturel d’une liberté chèrement défendue.
K.Zah
