MALI SAHEL BURKINA

Mali : Consolider l’autorité et affirmer la puissance face aux menaces du Sahel

A LA UNE SECURITE

À l’orée de 2026, le Sahel se présente comme un territoire où la souveraineté des États se mesure à la capacité de protéger ses infrastructures, ses corridors économiques et ses populations. Le dernier rapport de l’International Crisis Group, Ten Conflicts to Watch in 2026, place le Mali et le Burkina Faso sous un prisme de surveillance quasi permanente, soulignant l’évolution des dynamiques sécuritaires et économiques. Mais ce type de lecture, si attentive soit-elle, illustre également une posture trop fréquente : celle d’organismes internationaux qui se positionnent en prescripteurs et en prophètes des crises africaines, prétendant anticiper le déroulé des événements comme s’ils détenaient la clé de la souveraineté des États concernés. Ces institutions observent, analysent, spéculent, mais leur autorité n’est ni élective ni locale. La véritable responsabilité appartient aux États africains, seuls légitimes à sécuriser leurs populations et à garantir l’intégrité de leurs institutions.

Au Mali, les actions du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin démontrent une stratégie ciblée : perturber les axes routiers, les infrastructures et les chaînes d’approvisionnement reliant la capitale aux régions et aux pays voisins. Ces attaques, bien que localisées, ont un effet déstabilisateur sur la logistique et l’économie, constituant une pression indirecte sur l’État. Bamako conserve son autorité sur les centres urbains, mais la vulnérabilité des corridors stratégiques révèle un point critique ; la sécurité n’est pas seulement une nécessité opérationnelle, elle est la pierre angulaire de la souveraineté nationale. Au Burkina Faso, la logique est comparable : perturbations des routes secondaires, attaques sur les localités périphériques et contraintes sur la mobilité des populations.

Face à ces défis, les autorités maliennes et burkinabés doivent agir avec la plus grande détermination en renforçant la sécurité des axes stratégiques, protéger les populations et les infrastructures essentielles, et affirmer la puissance de l’État. La vigilance ne suffit plus ; elle doit se traduire par des actions concrètes, coordonnées et décisives, pour que la souveraineté ne soit pas seulement proclamée mais effectivement exercée.

Les observateurs internationaux peuvent prédire, spéculer et produire des rapports, mais l’avenir de ces nations se décide sur le terrain, dans les villes, sur les routes et au cœur des institutions. La sécurité et la puissance sont des obligations souveraines.

Seuls ceux qui prennent en main leur destin sécuritaire imposent aux crises leurs propres règles et font de la souveraineté un instrument de puissance durable.

D.Kaboré

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