Le Gabon est entré dans une séquence décisive de son histoire économique et politique. Héritier d’un modèle bâti sur la rente ; pétrole, manganèse, bois ; le pays a longtemps avancé sous la protection trompeuse de ressources abondantes, mais structurellement fragiles. Cette dépendance, documentée sans détour par la Banque mondiale, a exposé l’État aux cycles erratiques des marchés mondiaux, fragilisant à la fois les finances publiques et la cohésion sociale. La question n’est donc plus de savoir si la diversification est nécessaire, mais si le pouvoir politique est capable d’en faire une stratégie souveraine, cohérente et durable. C’est précisément sur ce terrain que s’inscrit l’action du président Brice Clotaire Oligui Nguéma.
Depuis son arrivée à la tête de l’État, le chef de la transition a imposé un changement de tempo et de méthode. Là où prévalaient l’inertie et la gestion passive de la rente, il a introduit une logique d’État stratège, conscient que la richesse minière ne vaut que par ce qu’elle permet de construire au-delà d’elle-même. Les partenariats public-privé, traduisent une volonté claire de transformer l’extractif en levier de structuration économique nationale.
La promotion de l’entrepreneuriat local s’inscrit dans cette vision de rupture maîtrisée. En soutenant les PME, en accompagnant la formalisation juridique, la montée en compétences financières et commerciales, l’État cherche à desserrer l’étau de la « dutch disease » qui a miné tant d’économies africaines riches en ressources. La Global Entrepreneurship Week, déployée dans plusieurs localités du pays, a agi comme un révélateur de cette orientation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes avec plus de 150 projets financés, plus de 200 emplois créés, une forte implication des femmes. Ce ne sont pas des symboles, mais les premiers jalons d’un tissu productif en recomposition.
Certes, les obstacles demeurent. Le poids des exportations extractives reste dominant et la transformation structurelle exige du temps, de la discipline et de la constance. Mais l’essentiel est ailleurs : une direction politique est affirmée, un cap est tenu. Oligui Nguéma incarne cette nouvelle génération de dirigeants africains qui ne confondent plus souveraineté et incantation, mais la pensent comme une architecture patiente faite d’institutions solides, de capital humain et de choix économiques assumés.
Le Gabon n’a pas encore tourné toutes les pages de son histoire économique, mais il a retrouvé l’essentiel ; un État qui décide, un pouvoir qui anticipe, et une vision qui transforme la rente d’hier en fondation de la souveraineté de demain.
Paterne N’gouassi
