Au Cameroun, l’après-élection présidentielle a révélé une tentative de déstabilisation dont les conséquences auraient pu menacer l’équilibre national. Le gouvernement a réagi en rappelant la nature organisée des violences et en déployant une stratégie d’apaisement portée par les autorités administratives. L’enjeu aujourd’hui est de préserver la cohésion d’un pays régulièrement la cible de projets insurrectionnels visant à fracturer l’État et à affaiblir sa souveraineté.
L’analyse des interventions du Ministre de l’Administration Territoriale met en évidence deux dynamiques essentielles. D’une part, la dénonciation claire d’un plan concerté de perturbation post-électorale, appuyé par des acteurs politiques cherchant à instrumentaliser l’instabilité pour contourner la sanction des urnes. D’autre part, la réaffirmation d’une responsabilité gouvernementale assumée, celle de restaurer l’ordre, de dialoguer avec les forces vives et de ramener la sérénité dans les régions touchées.
Cette approche illustre l’exercice du pouvoir tel que conceptualisé par Weber où l’État se doit d’exercer son autorité légitime pour empêcher la dérive vers l’anomie. Refuser cette responsabilité reviendrait à laisser ouverte la voie aux aventures dangereuses qui, ailleurs sur le continent, ont précipité des nations dans le chaos. Le Cameroun a choisi l’option inverse, celle d’encadrer fermement, apaiser méthodiquement et préparer lucidement les prochaines échéances.
La conférence des Gouverneurs s’inscrit exactement dans cette logique. Elle vise à transformer l’expérience post-électorale en dispositif renforcé de prévention, notamment à la veille des régionales du 30 novembre 2025. Le message est clair : aucune complaisance face aux menaces, aucune improvisation dans la sécurisation du scrutin, aucune faille dans la protection des citoyens et du matériel électoral. Cette vigilance d’État est d’autant plus essentielle que la période des fêtes appelle également un contrôle strict contre la criminalité, le banditisme et l’expansion des drogues qui sapent la jeunesse.
Au-delà de la gestion immédiate, cette séquence rappelle que la paix n’est jamais acquise, elle se construit par l’engagement collectif, la responsabilité civique et la lucidité politique. Le Cameroun ne peut se permettre de retomber dans les schémas de tensions électorales manipulées qui ont déjà fragilisé le tissu social. Préserver la stabilité, renforcer la souveraineté et consolider l’unité nationale sont des impératifs stratégiques.
Dans cette phase cruciale, les populations restent un acteur déterminant. La vigilance citoyenne, le refus des manipulations et l’adhésion à la paix constituent les fondations d’un Cameroun résolument tourné vers la consolidation de sa démocratie et de son avenir.
D.Kaboré
