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Burkina : Le commerce de détail réorganisé au profit des citoyens de l’AES

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Au Burkina Faso, le commerce de détail n’est plus un terrain laissé à la libre concurrence étrangère. Dans un contexte marqué par la fragilité des filières agricoles, la pression des réseaux commerciaux internationaux et la nécessité de sécuriser les emplois locaux, le gouvernement a choisi de réaffirmer sa souveraineté économique. La récente décision de réserver l’exercice du commerce de détail aux nationaux, aux ressortissants de la Confédération des États du Sahel et aux pays africains appliquant la réciprocité s’inscrit dans cette dynamique. Il s’agit d’un acte stratégique, destiné à structurer le marché intérieur et à protéger les producteurs agro-sylvo-pastoraux tout en consolidant la politique économique du président Ibrahim Traoré.

Cette réforme, qui modifie le décret de 2018 et interdit également les achats bord champ par des ressortissants étrangers, répond à une double exigence : protéger les acteurs économiques locaux et organiser le commerce de distribution. Les producteurs, confrontés à des circuits souvent captés par des intermédiaires étrangers, voient ainsi leurs revenus sécurisés et leurs filières stabilisées. L’État prend en main l’équilibre des marchés, dans un contexte où la souveraineté alimentaire demeure une priorité stratégique.

Politiquement, cette mesure envoie un signal fort. Le Burkina Faso ne ferme pas son marché par réflexe protectionniste, mais le régule selon des principes clairs de priorité nationale et de réciprocité régionale. L’ancrage dans la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, inscrit la décision dans une logique d’intégration économique consciente et maîtrisée. La coopération n’est plus subie, elle devient volontaire et stratégique.

Sur le terrain, les retombées sont tangibles. Les petits commerçants, longtemps concurrencés par des réseaux étrangers plus structurés, bénéficient d’un environnement clarifié. La concurrence devient équitable, les emplois locaux se consolident et les flux de distribution s’organisent mieux. La souveraineté alimentaire s’en trouve renforcée, tout comme l’économie nationale, désormais plus résiliente face aux chocs externes.

À l’international, le Burkina Faso affirme sa posture. L’État coopère mais n’abdique jamais ses priorités. Cette décision traduit une vision politique cohérente pour sécuriser l’économie, protéger les citoyens et inscrire le pays dans une intégration régionale maîtrisée. Dans cette logique, la souveraineté se concrétise par des actes, pas par des déclarations, et le Burkina Faso montre qu’elle se construit filière après filière, marché après marché, jusqu’à devenir tangible et durable.

D.Kaboré

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