Burkina Faso ALT

Burkina Faso : L’Assemblée Législative de Transition face au poison de la calomnie

A LA UNE

Une rumeur bien calibrée peut fragiliser davantage un pays en guerre qu’une défaite sur le terrain. Depuis plusieurs jours, une publication virale prétend révéler un “mensonge d’État” sur les émoluments des membres de l’Assemblée législative de transition au Burkina Faso. Le procédé est connu. Il mêle chiffres approximatifs, indignation savamment orchestrée et mise en scène d’une trahison morale. L’objectif est d’éroder la confiance, fissurer le lien déjà éprouvé entre la nation et ses institutions.

Dans un contexte où l’effort collectif est élevé au rang de nécessité vitale, manipuler l’opinion n’est pas un simple exercice de liberté d’expression. C’est un crime contre l’esprit public. Ceux qui orchestrent ce récit de prédation, sans la moindre source officielle ni rigueur budgétaire, ne cherchent pas la vérité. Ils cherchent le chaos. En substituant l’émotion à l’analyse, ils tentent de désarmer symboliquement l’État face à ses citoyens, au moment précis où le front exige une cohésion sans faille.

Il faut nommer ces individus pour ce qu’ils sont : des déserteurs de la vérité, prêts à poignarder la cohésion nationale pour servir des intérêts obscurs. En entretenant à dessein la confusion entre salaire et indemnités de fonctionnement, ils transforment une institution de combat en une cible de foire. Instrumentaliser la fatigue sociale d’un peuple qui souffre pour saboter l’architecture de la Transition n’est pas une critique, c’est une stratégie de sape.

Dans une guerre asymétrique, la confusion est la meilleure alliée de l’ennemi. Relayer ces chiffres apocryphes sans recoupement, c’est devenir, consciemment ou non, le complice actif d’une entreprise de déstabilisation. Ces vecteurs de mensonges ne sont pas des observateurs ; ce sont des saboteurs qui tirent dans le dos de ceux qui tiennent le pays à bout de bras.

Il faut nommer les choses avec précision. Relayer des informations non vérifiées, amplifier des témoignages isolés sans recoupement, c’est participer à une entreprise de fragilisation. Ceux qui s’y livrent ne sont pas de simples observateurs critiques. Ils deviennent, consciemment ou non, des vecteurs de déstabilisation. La vigilance citoyenne ne peut se confondre avec la diffusion de récits approximatifs.

L’exigence de transparence demeure légitime. Elle doit même être renforcée. Mais elle suppose méthode, rigueur et responsabilité. À défaut, elle se retourne contre l’intérêt collectif qu’elle prétend défendre.

À l’heure où le Burkina Faso affronte des défis existentiels, la parole publique doit se hisser à la hauteur de l’enjeu. Car une nation ne se défend pas seulement par les armes, mais aussi par la solidité de sa vérité.

D.Kaboré

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *