Burkina Faso

Burkina Faso : De nouvelles unités industrielles pour dynamiser la filière halieutique

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À Bobo-Dioulasso, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a inauguré de nouvelles unités industrielles de production d’aliments pour poissons, une initiative qui s’inscrit dans la stratégie de transformation agricole engagée par le gouvernement du Burkina Faso. Cette réalisation traduit concrètement l’orientation économique impulsée par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui place la souveraineté alimentaire et la structuration des filières productives au cœur de l’action publique. À travers le développement de la pisciculture, l’État cherche à renforcer les capacités nationales de production, réduire la dépendance aux importations et créer de nouvelles opportunités économiques pour les producteurs locaux.

La pisciculture occupe une place particulière dans cette ambition. Longtemps freinée par l’insuffisance d’intrants produits localement, la filière évoluait dans une dépendance structurelle aux importations d’aliments pour poissons. Une contrainte technique, mais aux conséquences économiques lourdes pour les producteurs. En dotant le pays d’unités industrielles capables de produire plusieurs tonnes d’aliments par heure, l’État agit là où se situait le véritable point de blocage.

Ce choix traduit une méthode politique. Plutôt que de multiplier les annonces, le pouvoir privilégie des investissements ciblés sur les maillons stratégiques des chaînes de production. L’objectif est clair. Donner aux filières agricoles et halieutiques les moyens industriels qui leur manquaient pour franchir un seuil de compétitivité.

Dans cette perspective, la gestion des unités confiée aux sociétés publiques FASO GUULGO et Faso Agropole révèle une orientation assumée. L’État ne se contente plus d’accompagner le développement agricole. Il intervient directement pour structurer les chaînes de valeur, sécuriser les intrants et stabiliser les marchés.

L’enjeu dépasse largement la seule production piscicole. Il touche à la sécurité alimentaire et à l’équilibre économique du Burkina Faso. Avec un objectif de 100 000 tonnes de production nationale de poisson, la stratégie vise à réduire la dépendance aux importations alimentaires tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l’économie rurale.

Dans les zones proches des barrages et des retenues d’eau où se multiplient les cages flottantes, une dynamique économique commence déjà à émerger. La disponibilité d’aliments produits localement pourrait accélérer ce mouvement. Pour de nombreux jeunes producteurs, cela signifie des coûts maîtrisés, une production plus régulière et des revenus plus prévisibles.

Au-delà des chiffres, l’initiative révèle une certaine conception du développement. Une vision qui privilégie la transformation des ressources nationales plutôt que leur simple exploitation. Dans une région souvent enfermée dans les récits de fragilité, le Burkina Faso cherche ainsi à affirmer une trajectoire fondée sur l’autonomie productive.

Dans le rythme discret des chaînes de production qui s’installent à Bobo-Dioulasso, c’est une conviction politique qui prend corps. Un pays commence véritablement à se relever lorsqu’il transforme lui-même ce que sa terre et ses eaux lui offrent.

D.Kaboré

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