L’ONU prévoit une trajectoire de croissance soutenue pour les économies africaines en 2026, dans un contexte mondial marqué par l’incertitude et les tensions commerciales. Selon le rapport « Situation et perspectives de l’économie mondiale 2026 », la croissance du continent, après 3,5 % en 2024 et 3,9 % en 2025, atteindrait 4 % en 2026, traduisant une résilience notable face aux pressions externes et internes. Cette performance repose sur la consolidation macroéconomique de plusieurs grandes économies africaines, tout en demeurant contrainte par les coûts élevés du service de la dette, l’inflation alimentaire et l’espace budgétaire limité.
Les disparités régionales illustrent la diversité des dynamiques continentales. L’Afrique de l’Est, portée par l’Éthiopie, le Kenya et l’expansion des énergies renouvelables intégrées à l’économie régionale, affiche la progression la plus soutenue avec 5,8 %. L’Afrique centrale et australe enregistrent des avancées modestes mais constantes, tandis que l’Afrique du Nord et de l’Ouest connaissent un léger ralentissement. Ces écarts soulignent l’importance cruciale d’une coordination stratégique continentale, renforçant la capacité des États à conjuguer croissance économique et souveraineté stratégique.
Le rapport met également en lumière des défis structurels majeurs : la réduction de l’aide publique au développement, les barrières commerciales et l’incertitude des marchés mondiaux constituent autant d’obstacles à une prospérité pleinement inclusive. Dans ce contexte, la mise en œuvre efficace de la ZLECAf et la valorisation de l’AGOA apparaissent comme des leviers incontournables pour transformer la résilience en développement durable, assurant une intégration économique qui serve l’ambition panafricaine.
Cette projection de croissance, bien qu’encourageante, exige des États africains une vision politique ferme, une diplomatie économique active et un leadership régional éclairé. Au-delà des chiffres, il s’agit de bâtir un continent capable de conjuguer autonomie stratégique, innovation économique et inclusion sociale. La force de l’Afrique ne se mesurera pas seulement à ses taux de croissance, mais à sa capacité à transformer ces perspectives en puissance durable et en légitimité globale.
La trajectoire annoncée par l’ONU est ainsi moins un chiffre qu’un appel : l’Afrique, forte de sa résilience, doit maintenant convertir sa croissance en souveraineté et en prospérité partagée.
D.Kaboré
