Vingt-quatre ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que la sirène du contentieux SITARAIL s’éteigne enfin, laissant place au silence apaisé de la justice rendue. Ce mardi 17 mars 2026, au siège du ministère des Serviteurs du Peuple, la signature du protocole d’accord entre l’entreprise ferroviaire et ses 29 anciens travailleurs marque l’aboutissement d’une volonté politique qui refuse l’usure du temps et l’oubli des braves.
L’histoire s’était figée en 2002. La crise ivoirienne avait alors sectionné les rails, brisant net les trajectoires de vie et suspendant des contrats de travail dans un flou juridique insupportable. Pendant deux décennies, les procédures se sont enlisées, les sentences arbitrales sont restées lettre morte et les régimes successifs ont détourné le regard. Aujourd’hui, sous l’impulsion du capitaine Ibrahim Traoré, l’État burkinabè change de paradigme. Il ne se contente plus de gérer les crises, il les résout.
Cette issue heureuse incarne la vision de refondation portée au sommet de l’État. En engageant une médiation ferme, le ministre Mathias Traoré a traduit en actes une doctrine claire : le développement national ne peut se construire sur le sacrifice des travailleurs. Le paiement des cotisations sociales, la régularisation des « grades réels » et le versement des arriérés ne sont pas des cadeaux, mais le rétablissement d’un droit bafoué.
Cette décision résonne directement dans le quotidien des familles autrefois précarisées. Elle redonne du souffle à ceux qui avaient perdu espoir et réaffirme la souveraineté de l’intérêt général sur les lenteurs corporatistes. En régulant ce conflit historique, le Capitaine Ibrahim Traoré démontre que la justice sociale est le moteur de la stabilité économique. Un rail qui ne transporte pas de la considération humaine est un rail qui mène à l’impasse.
Le pragmatisme affiché ici dépasse les frontières du Burkina Faso. Il s’inscrit dans une dynamique panafricaine où l’État redevient le garant de la dignité ouvrière face aux géants industriels. Le soulagement de Mody Diallo, porte-parole des ex-travailleurs, témoigne de cette rupture avec le mépris passé. C’est une leçon de communication politique par la preuve : la parole publique retrouve sa crédibilité car elle s’adosse désormais à des résultats concrets.
Le pays se construit désormais sur cette éthique de la responsabilité. En refermant cette plaie de 24 ans, le gouvernement libère les énergies pour les chantiers de demain et prouve que l’autorité, lorsqu’elle est juste, est le plus puissant levier de développement.
L’histoire retiendra qu’à Ouagadougou, la justice a enfin rattrapé le train de la destinée.
D.Kaboré
