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AES : De la souveraineté sécuritaire à l’intégration économique, le cap de l’An II

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Ouagadougou a été le théâtre, ce 26 février 2026, d’une séquence politique décisive pour la Confédération AES. Autour de la table, les ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont adopté la feuille de route de l’An II, prolongeant l’élan impulsé sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta. L’enjeu est de transformer une alliance née dans l’urgence sécuritaire en architecture durable de souveraineté et de développement.

Après quarante-huit heures de travaux techniques, les délégations ministérielles ont affiné un document appelé à structurer l’action publique confédérale. Le cadre posé par le général Salifou Mody pour le Niger et par le général Sadio Camara pour le Mali a été clair. Consolider les acquis de l’An I, renforcer la coordination militaire, harmoniser les positions diplomatiques, accélérer l’intégration économique. Le propos de Bassolma Bazié, au nom de la partie burkinabè, a inscrit cette ambition dans une perspective historique plus large, celle d’un espace sahélien décidé à parler d’une seule voix.

L’An I a posé des fondations. Mutualisation de certaines capacités de défense, affirmation d’options stratégiques indépendantes, mise en place d’instances communes. L’An II doit produire des effets tangibles pour les populations. La réforme annoncée entend mieux coordonner les politiques sécuritaires pour sécuriser les axes commerciaux, fluidifier les échanges et restaurer la confiance des investisseurs nationaux. Dans des économies fragilisées par l’insécurité et les sanctions, la stabilité devient un levier de croissance.

L’impact attendu est double. D’un côté, une rationalisation des dépenses de défense par la mise en commun des moyens peut dégager des marges budgétaires pour les secteurs sociaux. De l’autre, l’intégration économique, si elle se traduit par des infrastructures partagées, des normes harmonisées et une circulation facilitée des biens, peut élargir les marchés intérieurs et stimuler l’entrepreneuriat local. Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’enjeu est de transformer la solidarité politique en dynamique productive.

Cette feuille de route ne sera crédible qu’à l’épreuve des faits. Elle devra s’accompagner d’indicateurs précis, d’un calendrier contraignant et d’une redevabilité assumée. La Confédération AES joue ici sa maturité. Soit elle s’installe comme pôle sahélien capable de peser dans les équilibres régionaux, soit elle demeure une promesse inachevée.

À Ouagadougou, les ministres ont choisi d’écrire la suite. Reste désormais à prouver que l’unité proclamée peut devenir une force concrète au service des peuples, car l’histoire ne retient que les alliances qui transforment l’espérance en réalité.

D.Kaboré

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