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Burkina Faso : L’orthodoxie budgétaire au service d’une ambition nationale

A LA UNE ÉCONOMIE

À Washington, le conseil d’administration du Fonds monétaire international a validé un décaissement supplémentaire en faveur du Burkina Faso et acté un nouveau programme dédié à la résilience climatique. Derrière les chiffres ; près de 166 millions de dollars déjà mobilisés au titre de la Facilité élargie de crédit et 124 millions annoncés dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité ; se joue une séquence politique décisive. Il s’agit moins d’un appui budgétaire que d’une reconnaissance internationale d’une trajectoire assumée sous l’autorité du président Ibrahim Traoré.

Depuis 2023, le chef de l’État a engagé le pays dans une ligne claire. Restaurer les équilibres macroéconomiques sans céder sur la souveraineté stratégique. Les résultats avancés par l’institution de Bretton Woods sont éloquents. Une croissance portée à 5%, un déficit budgétaire comprimé au-delà des objectifs, une balance courante redevenue excédentaire grâce aux exportations aurifères. Ces indicateurs traduisent une méthode d’un État qui reprend la main sur ses ressources, notamment minières, et rationalise sa dépense publique dans un contexte sécuritaire exigeant.

La portée politique de cette validation est nette. Dans un environnement régional instable, le Burkina Faso démontre qu’il est possible de dialoguer avec les partenaires financiers internationaux sans s’y dissoudre. Le programme climatique, en particulier, inscrit l’action publique dans le temps long. Intégrer les risques climatiques dans la gestion budgétaire, améliorer la performance des entreprises publiques exposées, sécuriser l’agriculture dont dépend l’immense majorité des ménages. La résilience cesse d’être un slogan et devient une architecture de politiques publiques.

Sur le terrain, cette discipline commence à produire des effets visibles. La baisse de l’inflation soulage les familles. Les marges budgétaires dégagées permettent de préserver les dépenses sociales et de soutenir les investissements prioritaires. L’effort de gouvernance dans les secteurs minier et énergétique envoie un signal aux investisseurs africains et émergents. Le pays se positionne ainsi comme un acteur crédible, capable d’articuler souveraineté et coopération, fermeté politique et pragmatisme économique.

Dans une perspective panafricaine, cette séquence interroge les récits dominants. Elle montre qu’un État sahélien peut renégocier son rapport aux institutions financières en défendant ses intérêts stratégiques, tout en respectant ses engagements. Le Burkina Faso ne se place pas en périphérie du jeu international. Il y affirme une voix, sobre et déterminée.

Au fond, la décision du FMI entérine une évidence politique. Lorsque la vision est tenue et l’autorité assumée, la souveraineté cesse d’être un mot d’ordre et devient une capacité concrète d’agir, ici et maintenant, au service du développement national.

D.Kaboré

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