Burkina Faso

Burkina Faso : Une régulation numérique unifiée au service de la refondation de l’État

DEVELOPPEMENT POLITIQUE

Réunie en séance plénière le 20 janvier 2026, l’Assemblée législative de Transition a posé un acte politique de portée structurante en adoptant la révision de la Constitution du 2 juin 1991. Derrière l’apparente technicité du texte se dessine une orientation claire d’adapter l’architecture institutionnelle du Burkina Faso aux exigences contemporaines de souveraineté, de sécurité et d’efficacité de l’action publique. L’enjeu est stratégique. Il touche à la capacité de l’État à gouverner l’espace informationnel et numérique, désormais cœur battant de la vie démocratique et sociale.

La fusion annoncée du Conseil supérieur de la communication et de la Commission de l’informatique et des libertés constitue, à cet égard, une inflexion majeure. En consacrant un organe unique de régulation, l’Etat affirme une lecture lucide des mutations en cours que l’information, les données personnelles et les contenus numériques forment aujourd’hui un continuum qu’aucune gouvernance éclatée ne peut encadrer efficacement. Cette réforme traduit une volonté de cohérence institutionnelle et de maîtrise stratégique, dans un contexte régional marqué par la guerre informationnelle, la manipulation des opinions et les atteintes à la souveraineté numérique.

Sous l’impulsion du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, cette décision s’inscrit dans une vision plus large de refondation nationale. Elle vise à doter l’État burkinabè d’outils modernes, capables de protéger les citoyens, de sécuriser l’espace public numérique et de garantir un usage responsable des technologies. Loin d’un simple ajustement administratif, la création de ce pôle intégré de régulation incarne une conception renouvelée de l’autorité publique : ferme dans ses principes, agile dans ses instruments, souveraine dans ses choix.

La révision constitutionnelle engage également une reconfiguration réfléchie de l’organe de lutte contre la corruption. En retirant la dénomination figée de l’ASCE-LC au profit d’un encadrement par loi organique, le constituant ouvre un espace d’adaptation et de pérennité institutionnelle. Il affirme que la lutte contre la corruption n’est pas une structure, mais une mission permanente de l’État, appelée à évoluer selon les réalités du terrain et les exigences de transparence.

Dans une perspective panafricaine assumée, ces réformes témoignent d’une volonté de rupture avec les modèles institutionnels importés et souvent inopérants. Le Burkina Faso trace sa propre voie, fondée sur la centralité de l’intérêt national, la restauration de l’autorité de l’État et la sécurisation de son avenir informationnel. La refondation engagée n’est ni improvisée mais elle est méthodique, cohérente et orientée vers la stabilité durable.

En consolidant ses institutions pour mieux gouverner le présent et anticiper l’avenir, le Burkina Faso affirme une vérité simple et forte que la souveraineté ne se proclame pas, elle s’organise et se protège.

D.Kaboré

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