Cameroun

Cameroun : De la décentralisation proclamée à la décentralisation mesurée, l’État engage une nouvelle étape

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Il est des moments où l’action publique se dépouille du discours pour entrer dans la mécanique silencieuse mais décisive des instruments. La signature, le 6 janvier 2026 à Yaoundé, du protocole d’accord entre le ministère de la Décentralisation et du Développement local et l’Institut national de la statistique relève de cette catégorie d’actes structurants, discrets dans la forme, mais profonds dans leur portée politique. À travers la donnée, l’État camerounais choisit d’éclairer son propre mouvement, d’ordonner la décentralisation et d’enraciner le développement local dans la mesure, la responsabilité et l’impact.

Ce choix n’est ni fortuit ni conjoncturel. Il s’inscrit dans la vision patiemment construite par le président Paul Biya pour un État stratège, stable, conscient que la paix durable se nourrit d’institutions solides et de politiques publiques lisibles pour les citoyens. En érigeant la statistique en boussole de la performance locale, le Cameroun affirme que la décentralisation n’est pas une dilution de l’autorité, mais une redistribution intelligente de l’efficacité.

Désormais, les collectivités territoriales décentralisées sont appelées à évoluer dans un espace balisé par des indicateurs précis, comparables, transparents. La gouvernance administrative et financière, l’accès à l’eau, l’assainissement, la santé de proximité, la voirie ou encore l’état civil deviennent des réalités observables, quantifiables, perfectibles. La subvention basée sur la performance, adossée au projet Prolog, agit comme un levier : elle récompense l’effort, stimule la rigueur et inscrit l’action locale dans une logique de résultats concrets pour les populations.

Dans cette architecture, l’INS joue un rôle de vigie technique, garant de la crédibilité du processus. Mais au-delà de l’ingénierie statistique, c’est une culture nouvelle qui s’installe : celle d’une administration locale appelée à rendre compte, à se comparer, à progresser. Une culture qui renforce la confiance, apaise les territoires et consolide l’unité nationale par l’équité et la justice dans l’allocation des ressources.

L’impact environnemental de cette orientation est loin d’être marginal. En mesurant la qualité des services essentiels et la gestion des infrastructures de base, l’État crée les conditions d’un développement local durable, attentif aux équilibres écologiques et à la résilience des communautés. Là encore, la vision présidentielle se révèle prospective : penser le territoire comme un organisme vivant, où chaque commune bien gouvernée renforce la solidité de l’ensemble.

À travers cet accord, le Cameroun avance sans rupture, avec méthode et constance, fidèle à une ligne politique où la stabilité n’est jamais l’immobilisme, mais la condition même du progrès maîtrisé. Et lorsque la donnée devient langage d’État, la promesse de développement cesse d’être une incantation pour devenir une trajectoire mesurable, assumée et souveraine.

Zahra.K

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